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Dans
les Vallées du Cernon et de la Sorgues, l’aridité
du plateau calcaire fait place à une nature où cohabitent
une flore exceptionnelle et une faune variée. Les Templiers
et les Hospitaliers ont marqué leur présence sur
le territoire d’une forte empreinte, comme à Sainte-Eulalie
de Cernon, commanderie des Templiers ou Saint Félix de
Sorgues, commanderie des Hospitaliers. En plus de l’architecture
des lieux, les hommes ont marqué l’économie
des vallées en favorisant l’élevage. Le pastoralisme
joue toujours un rôle important avec la production de lait
pour Roquefort : on ne compte pas moins de 6000 brebis pour 250
habitants sur 5000 ha à Sainte-Eulalie de Cernon.
Le paradis des pêcheurs
La source de la Sorgues, mesurant 40 km de long, se situe dans
le causse du Larzac près de Cornus via une importante résurgence
pour se jeter dans le Dourdou de Camarès. Elle offre un
spectacle impressionnant en sortant de terre avec un débit
de 2 mètres cubes par seconde. Le cours d’eau de
la Sorgues fait le paradis des pêcheurs à la ligne.
Les poissons y sont tout de même difficiles à approcher
et à leurrer à cause de la transparence des eaux
: il faudra faire preuve de patience et d’ingéniosité
pour faire de belles prises !
La Flore du Chanoine Coste
Ces deux Vallées constituent un véritable paradis
pour botanistes, zoologistes, géologues ou tout simplement
amoureux de la nature. En apparence pauvre, le causse recèle
des richesses insoupçonnées : leur flore compte
2000 espèces parmi les 4500 recensées en France.
Certaines fleurs dont de nombreuses orchidées sont totalement
endémiques au pays caussenard.
Figure emblématique mondialement reconnue, le chanoine
Hippolyte Coste publia en 1906 la «Flore descriptive et
illustrée de France» à partir de ses observations
sur le site du Cirque de Saint-Paul des Fonts. Il répertoria
dans ce haut lieu de la botanique européenne plus de 1000
espèces dont certaines ne sont présentes ici qu’en
trois stations au monde. Parcourant les corniches et le causse,
Hippolyte Coste laissera à sa disparition en 1924 des publications
inestimables. La valorisation des travaux de cet homme de science
est en cours et l’on peut toujours s’émerveiller
de l’ingéniosité du monde végétal
en parcourant les sentiers du célèbre chanoine de
Saint-Paul des Fonts.
La voie ferrée réhabilitée
La voie ferrée de Sainte-Eulalie de Cernon a été
inaugurée en 1896, avant l’ère de l’automobile,
dans le cadre du plan Freyssinet. Objectif : relier sur 61 km
Tournemire au Vigan via le plateau du Larzac. Le chantier colossal,
qui s’est étalé sur 11 années, a occupé
1.000 ouvriers à Sainte-Eulalie de Cernon. La voie ferrée
a changé la vie des habitants de la vallée, du Causse
du Larzac et du versant sud Cévenol, leur permettant de
se déplacer à plusieurs dizaines de kilomètres
de chez eux et d’être ravitaillés en marchandises.
Les jeunes gens des petits villages caussenards pouvaient aussi
aller danser à Tournemire, haut lieu des agapes nocturnes
et point de départ de la ligne. La SNCF, créée
en 1936, arrête son exploitation en 1954 par manque de rentabilité.
C’est l’ère de l’automobile qui remplace
l’ère de la vapeur.
La ligne est reconditionnée par l’armée dans
le cadre du projet d’extension du camp militaire du Larzac
(la Cavalerie) en 1977. Élu en 1981, le président
François Mitterrand renoncera au projet d’extension,
privant d’utilité la voie ferrée entièrement
rénovée. C’est à la fin de la décennie
suivante que l’imagination du fondateur du Vélorail
Jean-Paul Austruy nous amènera à la renaissance
de ce patrimoine ferroviaire exceptionnel.
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